5 Juin, jour de ta naissance et de ton envol.

Ce jour là, tu es parti en 2024. Ton ultime blague.

Comme on s’éclipse d’une soirée trop bruyante.

Ton rire éclate encore dans nos mémoires

Ta lumière frôle nos épaules d’un souffle joyeux

Lolo, 

générosité brulante jusqu’a l’os

Battement de coeur à nu, 

Bien trop vaste pour ce monde étroit.

Tu aimais ceux qu’on n’ose plus aimer.

Comme on jette l’ancre dans des eaux profondes, 

parfois trop noires.

Tu donnais comme on tend les bras à un oiseau blessé 

Comme on jette des poignées d’or pur 

sur un monde qui consume.

En toi vivait un roi sans couronne, un pilote de nuit, veilleur de l’aube.

Tu croyais en ce qui tremblait.

Moi, j’étais là au bord de toi, depuis toujours.

Du temps où les jours brillaient encore de tous les possibles, 

La vie portait nos éclats de rire de grands ados rebelles

Toi, c’était « Bunny » et moi « Framboise »

On s’est accompagné sans miracle,

Juste avec la fidélité des liens qui ne s’expliquent pas.

Aujourd’hui, tu laisses derrière toi

Un rire suspendu, une absence, une étoile nommée Estelle.

Elle t’a reconnu. ta fille, Et dans l’éclat muet de vos retrouvailles,

j’ai su que rien n’est jamais perdu.

Dans les derniers tournants de ton vol,

comme un éclat de jeunesse au bord du départ.

Il y eut Joanie, Désordre vivant. Joie imprévue

Puis, les fidèles sentinelles de ta dernière terre,

Eddie, frère d’essence et de moteurs

Agnieszka, folie dorée au cœur vaste

Et dans l’ombre plus dense des derniers instants,

Thierry, le solide, le discret,

celui qui sait en premier quand l’âme s’en va,

Puis Mado, présence calme,

rocher d’amitié au bord des derniers aveux.

C’est à eux que tu as confié

ton silence, tes éclats, et ce qui restait à dire

quand tout s’efface.

Puis il y avait Cath, Mumu, Sylvie, Éric, Florent, Christophe et encore Christophe et puis Laure, Isa et tant d’autres

De ceux qui jamais ne jugeaient et qui t’ouvraient leurs portes

comme on ouvre un refuge aux âmes cabossées.

Alors ce 5 juin, au bord des vagues, ta tribu silencieuse lève son dernier verre

au ciel, on glisse une pensée, un mot, une vague d’émotion  

dans le vacarme du monde, on planque ton rire dans nos poches,

On ne te retient pas, on rend ton coeur aux embruns

Et on garde ta flamme comme une braise dans la paume de nos mains

ton prénom comme un mot de passe au bord de l’âme.

Merci lolo