
À toi Timothé,
En ce jour du 22 mai où le ciel t’a déposé dans mes bras comme une offrande.
Tu es né dans le silence d’une nuit d’argent, dans le feu d’une aube douce ou l’ombre hésite encore à quitter la nuit, à l’heure ou les étoiles reprennent leur souffle
Tu es entré dans ma vie comme un battement ancien que mon corps reconnaissait depuis toujours. Plus qu’un enfant, un bout de mon âme venu marcher dans le monde.
Ce monde qui ce jour-là s’ouvrait en vrai.
Tout petit et gigantesque.
Léger et chargé de mystère.
Pirates et chevaliers au milieu du salon dansent au gré de mes souvenirs.
Ce n’était pas juste un jeu, mais déjà l’appel des quêtes sacrées, celle qu’on ne comprend qu’avec le coeur.
Tu créais, inventais, redonnais de la magie aux murs trop blancs,
Artiste avant le mot, vivant à l’état brut.
Si j’ai eu peur, oui bien des fois, pas de toi, mais du monde,
des absences et de l’inconsistance qui encrasse la vie,
de mourir avant que ton royaume ne soit construit.
J’ai tout mis dans tes mains, la force, la couleur, le rire et les larmes, la mémoire des femmes avant moi, le courage de partir, quand il faut sauver la vie et tu as tout pris sans vaciller en sagesse, en loyauté, en silence.
Je t’ai aimé comme on veille une flamme dans le vent, tout donné.
Mon temps, ma peau, mes rêves.
Jamais ma lumière.
Elle grandissait avec toi.
Et tu m’as redonné au centuple par l’exigence douce de ton être.
J’ai appris à aimé sans attente, soutenir sans m’effondrer,
à bénir même l’absence et à créer sans témoin.
Tu n’es pas mon oeuvre, mais mon offrande au vivant
Tu es le poème que je n’écrirais jamais parce que tu vis, tu marches, tu t’inventes
Aujourd’hui’hui, je te regarde et je vois
Un homme juste et droit
Un coeur vaillant et fidèle
Un artiste qui poursuit l’œuvre débutée bien avant lui
Timothé,
Je n’ai plus rien à transmettre que se souffle, ce fil d’or entre toi et moi, ce chant sacré qui te souffle à l’oreille :
« Tu es né du feu, ne crains jamais ta lumière »
Joyeux anniversaire mon fils de l’aube, mon allié d’étoile, mon éternel commencement.

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